DOSSIERS

Evolution des marges continentales
sur les côtes du Cotentin


Il y a 220 000 ans, les côtes du Cotentin étaient presque identiques à celles que nous connaissons aujourd'hui.

Vers 120 000 ans, sous l'effet du réchauffement climatique, la mer rejoignit alors sensiblement le pied des anciennes falaises normaniennes.

Vers 55 000 ans, notre pays affronte une des plus rudes phases de glaciation. Le paysage ressemblait à celui de la Sibérie actuelle.
Une nappe glaciaire couvre alors la majeure partie des îles britaniques, la Belgique et les Pays-Bas.
Jusqu'à la Loire, le sous-sol ne dégèle pas, le plateau continental marin est asséché jusqu'à une centaine de mètres. un grand fleuve (appelé dernièrement fleuve Manche) débouche dans l'océan pacifique entre les pointes de Cornouaille et bretonnes.

Ce fleuve aura le temps de creuser les grandes fosses de la Hague et des Casquets.

9 000 ans avant notre ère, l'Angleterre est toujours rattachée au continent européen, de même que les îles anglo-normandes.
Suite au recul progressif des glaces, la mer envahit une grande partie de la plaine côtière.
L'estuaire de la Seine se trouve alors près du Val-de-Saire. Le Cotentin va recommencer à être occupé par l'homme (Flamanville, Le Rozel, Auderville).

La remontée des eaux va se faire lentement, à la vitesse d'un mètre à un mètre cinquante par siècle.

6 000 ans, c'est la fin des grands froids et la végétation reprend ses droits. Les troncs d'arbres fossilisés ressemblant à du charbon et observables à marée basse en sont le témoignage.
Ces paysages devaient être parcourus par des ours et des loups, il n'en fallut pas plus pour accréditer la légende de la forêt de Scicy.

4 000 ans, période dénommée phase Atlantique par les climatologues.
Dans la presqu'île prédominent les influences océaniques.
Les aulnes et les tilleuls viennent s'ajouter aux chênes, hêtres, ormes et noisetiers pour compléter le couvert végétal.

Le niveau moyen annuel des mers a monté d'une vingtaine de centimètres entre 1800 et 1990. Les prévisions les plus récentes et les plus sérieuses donnent une élévation d'une trentaine de centimètres en 2050 et deux fois plus en 2100.
Ses effets devraient être faibles sur les régimes des marées, mais la hauteur des houles déferlantes pourrait s'accroître de 25%.
Le niveau des mers pourrait revenir au même niveau qu'il y a 220 000 ans si le réchauffement de la planète continue de s'élever rapidement et remettrait ainsi en cause les prévisions ci-dessus.

Haut de page